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Escales – Marien Fauney Ngombé

Escales – Marien Fauney Ngombé

Escales est un recueil de trois nouvelles que j’ai d’ailleurs lues en quelques heures puisque le livre comporte 70 pages. Je reviendrai sur l’épaisseur de l’ouvrage un peu plus bas. Mais dans l’immédiat,  je vais « vous en donner des nouvelles » !

La première, Chronique de mon train de 7h51, est une invitation du narrateur à l’accompagner dans le trajet le menant tous les matins de son domicile à son lieu de travail, une maison d’édition. Comme pour mieux s’ancrer dans son existence, ses voisins sont toujours les mêmes : un vieil homme en guenilles, dont la bouche exhalait une odeur particulière, l’adolescent qui a les écouteurs toujours vissés sur les oreilles et Bégonia, la plantureuse jeune femme que rien ni personne ne semble pouvoir atteindre… Le jour où elle daignera répondre à son « bonjour » sera le jour où le trajet dans le train de 7h51 prendra tout son sens. J’ai beaucoup aimé cette nouvelle. Je peux même affirmer qu’elle est ma préférée. Courte, incisive, avec une forte connotation philosophique, elle nous met face à une situation que nous avons tous peut-être vécue plus d’une fois. A travers l’allégorie d’un simple voyage en TER, le narrateur nous donne quelques éléments de réponse face à cette grande inconnue qu’est la vie…

Chaque étudiant, nouveau bachelier ou individu ayant déjà capitalisé quelques années académiques rêve d’aller en Europe. JC, fils Ebonga, héros de la deuxième nouvelle éloquemment intitulée A quel prix ? ne déroge pas à cette règle. Face à la situation économique précaire de ses parents, il se fera aider de sa tante Hortense dite Pili Pili, assistée de son oncle Ignace, qui ne se gêneront pas pour jeter à la face du jeune homme désemparé les largesses dont il a bénéficiées pour prétendre à un billet d’avion et un visa Schengen. « Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années », dit l’adage.  Le dénouement de cette nouvelle en est la parfaite illustration. Axée autour des valeurs telles que l’honnêteté, le courage, la résilience et les rapports familiaux, cette nouvelle vient en deuxième position dans l’ordre de mes préférences. Un peu plus longue que la première, elle nous plonge dans les méandres d’une famille dont la hiérarchie se fait à partir de la bourse qu’on détient. Exit le droit d’aînesse ! Ne dit-on pas que :  « Qui tient la bourse, tient la vie » ?

Fodjol est le personnage central de la troisième nouvelle D’un corps à l’autre.  Arrogant et se plaçant sur un piédestal, il méprise tout le monde, convaincu qu’avec sa fortune et son prestige, nul ne peut lui résister. Mais c’était sans compter avec la main invisible du destin, cet amas de forces tapies dans l’ombre qui sévit quand on s’y attend le moins. Cette nouvelle est celle que j’ai moins aimé par contre. Le narrateur, veut mettre en relief la relative déchéance de Fodjol, mais s’emmêle dans l’explication des termes théologiques et surtout ésotériques, qui m’ont semblés alambiqués et ont gâché mon plaisir de lecture…

Dans l’ensemble, Escales est un livre qui se lit très vite et c’est bien là que réside le problème. Même si les histoires sont pleines d’enseignement et ont pour dénominateur commun l’existence et sa finalité, elles sont quelque peu trop brèves, ce qui ne met absolument pas en doute la qualité de la plume de l’auteur, qui à coup de formules bien senties et de réflexions philosophiques, nous pousse à effectuer notre propre voyage pour saisir la quintessence de notre présence ici-bas.

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