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Noella Coursaris

Noella Coursaris

Il était une fois un mannequin née de l’amour d’une femme congolaise et d’un citoyen chypriote qui avait décidé de construire une école gratuite pour les filles dans son pays d’origine, la République Démocratique du Congo (RDC). Mesdames et Messieurs, permettez-moi de vous présenter notre modèle: Noella Coursaris.

 

Noella Coursaris
Noella Coursaris
Ayant grandi entre la RDC, la Suisse et la Belgique, vous êtes une citoyenne du monde, pourquoi insister sur la RDC?

Je suis née en RDC et j’y ai vécu. Puis mon père est décédé et ma mère n’avait pas les ressources pour prendre soin de moi, elle m’a donc envoyée en Europe. Quand j’y suis finalement retournée à l’âge de 18 ans, j’ai été choquée d’apprendre que 7 millions d’enfants n’étaient pas scolarisés. Je me suis jurée de faire quelque chose. Les Congolais sont si chaleureux et conviviaux et le pays dans son ensemble a un potentiel énorme.

Quelle a été l’élément déclencheur de Malaika?

J’ai toujours été passionnée par l’autonomie des femmes. L’éducation est le catalyseur du changement et il y a peu de valeur accordée à l’éducation des filles en RDC. Donc en 2007, nous avons créé “Malaika”: notre objectif est de fournir des programmes de qualité qui ont un impact direct sur la communauté.

Quelle est la mission de “Malaika”?

Notre objectif est de renforcer la capacité de leadership de chaque élève afin qu’elle soit habilitée à redonner un impact positif à long terme sur l’avenir de la RDC. La plupart de nos centres de travail sont basés sur des missions d’éducation et de santé, la colonne vertébrale d’une société robuste.

Noella Coursaris and Kids
Noella Coursaris and Kids
Quel genre de cours les filles reçoivent-elles dans votre école?

Le programme est structuré autour de cours quotidiens en français et en anglais, sur des matières comme les mathématiques, la science, la technologie de l’information, la santé et l’éducation civique. Un grand soin est apporté à forger le potentiel de leadership des étudiantes à travers le scoutisme, les excursions et les projets de services communautaires, tels que la plantation d’arbres ou l’enseignement de la communauté sur la prévention du paludisme. L’art, la musique, le théâtre et l’éducation physique sont des éléments clef.

Prévoyez-vous d’ouvrir d’autres écoles?

Au lieu de construire de nombreuses écoles, nous préférons créer la meilleure école possible, celle dans laquelle nous serions fiers d’envoyer nos enfants. Chaque année, nous recueillons des fonds, nous construisons plus de chambres, inscrivons plus de filles et élargissons nos programmes.

Noella Coursaris and EVE
Noella Coursaris and EVE
Pourquoi insister sur l’autonomie des filles?

La crise de l’éducation au Congo affecte plus les filles que les garçons. Les femmes instruites sont moins susceptibles de se marier tôt ou de mourir en couche et sont moins vulnérables aux maladies comme le VIH/SIDA. Elles augmentent également leurs gains futurs d’environ 10-20% pour chaque année supplémentaire de scolarité et réinvestiront la majeure partie dans leur famille et leur communauté. L’éducation des filles aide à sortir des familles entières de la pauvreté et crée des jeunes femmes confiantes et émancipées. On brise ainsi le cycle de la pauvreté.

Comment intègre t-on votre école?

Nous n’enrôlons que des filles. Elles doivent avoir cinq ans afin de suivre une scolarité entière depuis la maternelle. Elles ne doivent pas vivre à plus de 3km de l’école, et nous prenons seulement une fille par famille, à part dans le cas de jumelles. Nous tirons au sort les 30 nouvelles étudiantes parmi les filles admissibles.

Quelle est la suite?

Je vais inaugurer la première bibliothèque à Kalebuka avec l’artiste Eve. On installe des panneaux solaires pour réduire notre dépendance, ce qui nous permettra de mettre en place la salle informatique. En automne et chaque année suivante, nous allons accueillir une nouvelle classe de 30 filles, jusqu’à ce que nous atteignions le nombre de 340 étudiantes. Enfin, nous sommes en pleine collecte de fonds pour construire les bureaux de développement. Pour finir, nous allons construire un centre de santé pour les étudiantes.

Oumou Kandé

Oumou Kandé Diao, Agence française pour models black

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